La chaussure française n’a pas qu’un seul visage. Notre sélection de chaussures Made in France réunit aussi bien des souliers en cuir traditionnels que des baskets contemporaines fabriquées dans des ateliers français. Les Chaussures de Gatine perpétuent dans les Deux-Sèvres un montage cousu pensé pour durer, tandis que Sessile imagine dans les Mauges des sneakers modernes, réparables et recyclables. Deux façons différentes de chausser les artisans lorsque les chaussures de sécurité restent au vestiaire, avec un même point de départ : fabriquer localement de vraies chaussures que l’on a envie de conserver.
Lorsque l’on parle de chaussures Made in France, on imagine facilement des derbies en cuir, une bottine cousue ou une paire solide que l’on pourrait retrouver aux pieds de son grand-père. Et pour cause : la France possède une longue histoire de fabrication de chaussures et certains ateliers perpétuent encore des montages traditionnels remarquables.
Mais le savoir-faire français ne s’est pas arrêté à la chaussure de ville. En France, on sait aujourd’hui fabriquer des baskets modernes et confortables, réfléchir à leur impact, puis prévoir dès leur conception comment elles seront réparées lorsqu’elle aura déjà quelques centaines de kilomètres au compteur.
C’est précisément ce que nous voulons vous montrer avec cette sélection.
Deux univers qui paraissent éloignés lorsqu’on regarde uniquement la forme de la chaussure, mais qui partagent finalement une idée simple : fabriquer en France des chaussures faites pour être portées et conservées, plutôt que remplacées au premier signe d’âge.
Ces chaussures rejoignent naturellement notre sélection plus large de produits Made in France, dans laquelle Hans et Joseph réunissent vêtements, accessoires, outillage et autres fabrications françaises qui ont encore quelque chose à raconter.
Ce n’est pas un hasard si les deux principales marques de notre sélection sont installées dans l’Ouest de la France, non loin de chez nous (Angers). Autour de Cholet et des Mauges s’est développé l’un des grands territoires historiques de la chaussure française, dont l’influence s’est étendue aux départements voisins.
L’industrie de la chaussure apparaît dans les Mauges à la fin du XIXe siècle. Le premier atelier connu ouvre à Saint-Macaire-en-Mauges en 1879.
La production se développe ensuite à grande vitesse dans les bourgs et les campagnes. Dans les années 1950, le « grand Choletais » compte plusieurs centaines d’entreprises liées à la chaussure et des milliers d’emplois.
Cette histoire explique pourquoi on trouve encore aujourd’hui dans la région des ateliers, des techniciens, des patronniers et des ouvriers possédant une véritable culture de la chaussure.
Sessile est née en 2019, mais les bâtiments et les équipes sur lesquels la marque s’appuie ont une histoire bien plus ancienne. La Manufacture Ede Montjean-sur-Loire (groupe ERAM) fabrique des chaussures en Anjou depuis 1927.
C’est aujourd’hui dans cet atelier que les baskets Sessile sont conçues, patronnées, coupées, piquées, montées, contrôlées et mises en boîte.
La silhouette a changé en comparaison des chaussures des années 1930, mais le territoire et les compétences sont toujours là. Voilà une continuité industrielle qui nous parle particulièrement chez Largeot & Coltin.
Un peu plus au sud (mais toujours non loin de chez nous), Parthenay possède elle aussi son histoire de chaussure. C’est là que Charles Gilbert fonde Chaussures de Gatine en 1957.
Fils d’un fabricant de galoches, il développe ses premiers brodequins pour les travailleurs de la terre et les marchands de bestiaux du territoire.
Alors que de nombreuses productions françaises sont délocalisées durant les décennies suivantes, Gatine conserve la fabrication de ses chaussures dans les Deux-Sèvres. L’atelier perpétue encore aujourd’hui son montage cousu caractéristique.
Une paire de chaussures est un petit assemblage industriel à elle toute seule. Il faut une tige, une doublure, des semelles, des lacets, des mousses, éventuellement du cuir, du caoutchouc, du textile, des colles et quelques autres composants moins poétiques mais tout aussi nécessaires !
Parler de chaussure fabriquée en France signifie donc avant tout que les opérations qui donnent au produit ses caractéristiques essentielles sont réalisées sur le territoire français. Cela ne veut pas automatiquement dire que le cuir, le caoutchouc ou le coton sont tous produits en France. Sessile l'explique d'ailleurs en toute transparence : ses baskets sont intégralement fabriquées à Montjean-sur-Loire, tandis que les matières proviennent en partie de France mais également d'autres pays européens proches. Par exemple, sur la Hiba que nous proposons, les cuirs viennent d’Italie, certains cotons de France et le caoutchouc de la semelle du Portugal.
Chez Chaussures de Gatine, l’intégralité des modèles est certifiée Origine France Garantie. La marque réalise toutes les étapes de production en France et indique que plus de 50 % du prix de revient unitaire y est acquis.
Voilà pourquoi nous préférons détailler les choses plutôt que d’arrêter l’explication à un petit drapeau : une origine de fabrication, une provenance de matière et un label répondent à trois questions différentes. Sachant tout cela, Hans et Joseph se sont dit que c'était de bonnes informations à vous partager ;)
Notre sélection repose aujourd’hui principalement sur deux manufactures de l’Ouest. Elles ont des propositions de style radicalement différentes. C’est précisément ce qui nous plaît !
Chez Gatine, la chaussure commence par du cuir, un montage cousu et une conception qui assume parfaitement son héritage. La manufacture naît en 1957 à Parthenay avec des brodequins destinés aux travailleurs de la terre.
Sa signature technique reste le montage Kneipp, aussi appelé montage suédois, associé à une double couture Petit Point. La tige est liée à la première de montage par une construction qui participe à la solidité, à la souplesse et à la réparabilité de la paire.
Notre sélection réunit plusieurs interprétations de cette philosophie : la derby basse Megève pour la sobriété, la Bradford avec son bout chasse, ou encore les modèles montants Indy et Auvergne pour davantage de présence.
Ce sont des chaussures qui fonctionnent parfaitement avec le vestiaire Largeot & Coltin : un largeot ou un pantalon de travail la journée, puis une paire de Gatine lorsqu’il faut quitter les chaussures de sécurité sans perdre toute allure.
Découvrir les chaussures Made in France Chaussures de Gatine
Sessile montre que le Made in France peut parfaitement enfiler une paire de sneakers. La marque fabrique l’intégralité de ses baskets dans son atelier de Montjean-sur-Loire, au cœur des Mauges.
Les modèles utilisent selon les collections du cuir, des matières à base végétale ou encore de la laine recyclée. Les semelles extérieures peuvent intégrer jusqu’à 70 % de caoutchouc recyclé, tandis que les cuirs sont sélectionnés auprès de tanneries engagées dans la démarche Leather Working Group.
Mais le point qui nous intéresse le plus est ailleurs : Sessile pense la réparation dès la conception. Son procédé de démantèlement breveté permet notamment de retirer et remplacer la semelle extérieure afin de ressemeler la basket.
Chez Largeot & Coltin, nous avons notamment retenu la Hiba et la Abélia. Elles permettent de porter une fabrication française avec un jean, un chino ou un largeot sans donner l’impression d’être parti au bal en souliers vernis.
La chaussure n’est qu’un morceau du vestiaire. Chez Largeot & Coltin, notre sélection française s’étend progressivement à tout ce que l’artisan chic peut porter au chantier, comme à la ville.
Nos vêtements Made in France réunissent largeots, pantalons, vestes, gilets, pulls et t-shirts confectionnés dans l’Hexagone. Ils permettent de composer une tenue française qui ne s’arrête pas aux chevilles.
Les petits détails se trouvent ensuite dans notre sélection d’accessoires fabriqués en France, avec notamment casquettes, bretelles et pièces issues du vestiaire traditionnel.
Et puisque l’artisan ne passe pas toute sa journée les mains dans les poches, notre gamme d’outillage Made in France fait travailler d’autres ateliers français : Guillet pour la pierre, Vergez-Blanchard pour les outils forgés, ARNO pour le travail du bois ou Jacquenet-Malin pour les battes et maillets.
Chaussures, vêtements, accessoires ou outils : notre logique reste la même. Nous sélectionnons le Made in France lorsqu’il apporte une fabrication identifiable, un vrai savoir-faire et un produit que nous aurions de toute façon eu envie de vous proposer.
Une chaussure fabriquée en France est une chaussure dont le processus de production permet de lui attribuer une origine française. Cela concerne notamment les opérations qui donnent à la paire ses caractéristiques essentielles : patronage, découpe, piquage, assemblage ou montage selon le type de chaussure.
Il faut cependant distinguer la fabrication de l’origine des matières. Une paire française peut utiliser du cuir italien, du caoutchouc portugais ou d’autres composants européens sans perdre pour autant son origine française.
| Information | Ce qu’elle signifie | Ce qu’elle ne garantit pas seule |
|---|---|---|
| Fabriqué en France | Les opérations déterminantes permettent d’attribuer une origine française à la chaussure | Que toutes les matières viennent de France |
| Marque française | L’entreprise ou la marque est française | Que ses chaussures sont fabriquées en France |
| Origine France Garantie | Une certification indépendante encadre plus précisément l’origine du produit | Que 100 % de chaque composant est français |
Le bon réflexe consiste donc à lire les informations de fabrication de la référence plutôt qu’à déduire son origine à partir du nom de la marque ou d’un drapeau placé sur la boîte.
Le Made in France ne garantit pas automatiquement qu’une chaussure est réparable. C’est d’abord sa construction qui détermine les interventions possibles. Une semelle, une couture ou une tige ne se remplace pas de la même manière selon que la paire est cousue, collée ou conçue pour être démontée.
Les deux principales marques de notre sélection ont justement intégré cette question à leur fabrication, mais par deux approches différentes.
| Chaussures de Gatine | Sessile | |
|---|---|---|
| Principe | Montage traditionnel cousu | Construction démontable pensée dès la conception |
| Semelle | La construction cousue facilite les interventions d’un professionnel selon l’état de la paire | La semelle extérieure peut être retirée et remplacée grâce au procédé Sessile |
| Remise en état | À déterminer selon l’usure et l’intervention nécessaire | Programme dédié directement proposé par la marque |
| Interventions Sessile | - | Ressemelage, nettoyage, réenformage, débactérisation, reteinte et remplacement de certains composants |
La meilleure chaussure à réparer reste évidemment celle qui a été correctement entretenue avant d’arriver au bout du rouleau. Nettoyer le cuir, laisser sécher naturellement une paire humide et alterner les chaussures permet souvent de retarder de beaucoup le passage chez le réparateur.
Fabriquer une paire de chaussures demande de nombreuses opérations et beaucoup plus de main-d’œuvre qu’on ne l’imagine en regardant deux chaussures tranquillement rangées dans leur boîte.
Une production française doit rémunérer les salariés selon les conditions françaises, entretenir un atelier et ses machines, former les équipes, acheter des matières adaptées, effectuer les contrôles puis financer les investissements nécessaires pour conserver la production sur le territoire.
Le prix peut également refléter :
Comparer uniquement le ticket d’achat peut donc être trompeur. Une paire à 100 € remplacée tous les deux ans et une paire à 250 € portée puis réparée pendant de nombreuses années ne coûtent pas forcément ce que leur première étiquette laisse penser.
Les Mauges et le grand Choletais possèdent une histoire industrielle très particulière. La fabrication de chaussures s’y développe à partir de la fin du XIXe siècle, d’abord dans de petits ateliers ruraux avant de devenir l’une des activités emblématiques du territoire.
Dans les années 1950, l’industrie est à son apogée. Le bassin élargi compte alors plusieurs centaines d’entreprises réparties entre le Maine-et-Loire et les territoires voisins, notamment la Vendée, les Deux-Sèvres et la Loire-Atlantique.
La délocalisation d’une grande partie de la production française à partir de la seconde moitié du XXe siècle fait disparaître de nombreux ateliers. Mais tout ne disparaît pas avec les usines : les savoir-faire, les écoles, les fournisseurs, les techniciens et certaines manufactures demeurent.
La présence de Sessile à Montjean-sur-Loire s’inscrit directement dans cet héritage industriel des Mauges. Plus au sud, Chaussures de Gatine perpétue depuis 1957 une autre tradition de fabrication à Parthenay dans les Deux-Sèvres.
C’est ce tissu industriel historique qui permet encore aujourd’hui à de nouvelles baskets de côtoyer de vieux montages cousus. Les machines ont changé, les styles aussi, mais il reste toujours des gens dans l’Ouest qui savent fabriquer une chaussure de A à Z.
80 % de nos vêtements et outils traditionnels sont fabriqués en France ou en Europe.
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